{"id":211,"date":"2021-02-02T19:53:07","date_gmt":"2021-02-02T18:53:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/?p=211"},"modified":"2021-02-02T19:59:59","modified_gmt":"2021-02-02T18:59:59","slug":"des-natures-de-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/?p=211","title":{"rendered":"Des natures de ville"},"content":{"rendered":"\n<p>Le retour de la nature en ville est attendu, souhait\u00e9.<br>Il se d\u00e9cline sous de multiples formes, plus ou moins cosm\u00e9tiques.<br>Mais le retour de la nature signifie qu\u2019elle serait partie\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>On se plait \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter la citation de Jean-Louis-Auguste Commerson (que l\u2019on attribue \u00e0 tort \u00e0 Alphonse Allais)&nbsp;: \u00ab\u2009Il faudrait construire les villes \u00e0 la campagne, l\u2019air y est plus sain\u2009\u00bb. Certes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce serait tellement pratique\u2009! Et puis les quartiers deviennent des villages o\u00f9 l\u2019ambiance monte comme les prix de l\u2019immobilier.<br>Ses habitants se mettent \u00e0 r\u00eaver d\u2019une nature de proximit\u00e9 accessible et sympa, de jardins partag\u00e9s, de repas bio dans les cantines scolaires&#8230; Les \u00e9diles promettent de r\u00e9duire la circulation automobile, de cr\u00e9er des for\u00eats urbaines et de d\u00e9velopper l\u2019agriculture urbaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fourretout du terme nature, il est de bon ton de compl\u00e9ter en \u00e9voquant l\u2019anthropoc\u00e8ne, voire la capitaloc\u00e8ne pour les plus hardis, afin d\u2019esp\u00e9rer de rendre vivable cette ville autrefois ador\u00e9e et qui se r\u00e9v\u00e8le dense et pollu\u00e9e.<br>Mais que s\u2019est-il pass\u00e9\u2009? Comment est-on pass\u00e9 de la m\u00e9tropole, pr\u00e9sent\u00e9e comme l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9 urbanis\u00e9e \u00e0 la ville de tous les dangers sanitaires\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>La nature envahie, d\u00e9borde, occupe l\u2019espace comme le montrent les photos d\u2019Arnauld Duboys Fresney sur des espaces de notre quotidien urbain.<\/p>\n\n\n\n<p>Prises en avril 2020, elles t\u00e9moignent des 55 jours de confinement auxquels les Fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 contraints suite \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19.<br>Elles nous montrent des rues d\u00e9sertes sous un soleil printanier provocateur. Le confinement fait ressembler Paris fig\u00e9 dans un long mois d\u2019ao\u00fbt.<br>Chacune des photos peut-\u00eatre comprise dans le contexte du confinement, mais elle peut-\u00eatre lue comme le point de d\u00e9part d\u2019une transformation plus profonde de notre environnement urbain.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-212\" width=\"580\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption>Boulevard Pereire, Paris 17\u00e8. \u00a9<em>ADF<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Sur la partie nord du boulevard Pereire, dans le 17e arrondissement, entre la rue Georges Picquant et la rue de Saussure, les am\u00e9nagements r\u00e9cents qui accompagnent les nouvelles constructions des rives du faisceau ferroviaire de la gare Saint-Lazare, composent un nouveau paysage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les v\u00e9g\u00e9taux d\u00e9bordent des limites que les humains lui ont assign\u00e9es. Dans cet apparent fouillis, les merles installent leurs nids, la biodiversit\u00e9 reprend ses droits dans un silence apaisant. Ce paysage idyllique ne doit pas occulter la place importante laiss\u00e9e aux sols imperm\u00e9ables d\u00e9di\u00e9s principalement \u00e0 la circulation automobile et \u00e0 son stationnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment le mouvement engag\u00e9 par la plantation des rives des coupes constructions peut-il \u00eatre poursuivi\u2009? L\u2019asphalte parisien ne devrait-il pas laisser place \u00e0 des mat\u00e9riaux perm\u00e9ables, qui ne soient pas des d\u00e9riv\u00e9s du p\u00e9trole\u2009? La place occup\u00e9e par l\u2019automobile ne pourrait-elle pas \u00eatre optimis\u00e9e\u2009? Ces hypoth\u00e8ses d\u00e9j\u00e0 test\u00e9es ne devraient-elles pas \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, comme un mouvement partant de ce bosquet jusqu\u2019au pied des immeubles\u2009?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-213\" width=\"579\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-1.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-1-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Boulevard de Reims, Paris 17\u00e8. \u00a9<em>ADF<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p>Le long du boulevard de Reims, entre la rue Raymond Pitet et la rue de Courcelles, en remontant vers la porte d\u2019Asni\u00e8res, appara\u00eet une ligne de d\u00e9sir au milieu d\u2019une pelouse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Lentement dessin\u00e9e par les passages successifs des pi\u00e9tons, elle indique un passage fr\u00e9quent, le plus court et le plus rapide entre les lieux. Dans des am\u00e9nagements qui cloisonnent les types de circulation, la ligne de d\u00e9sir repr\u00e9sente un espace de libert\u00e9. Elle est un indicateur int\u00e9ressant des pratiques avant que des transformations plus lourdes adviennent. L\u2019\u00e9vidence de ce trac\u00e9, \u00e0 l\u2019ombre des platanes, le long de la tr\u00e9mie qui plonge sous terre afin d\u2019\u00e9viter la porte de Courcelles. Elle est aussi le signe d\u2019un am\u00e9nagement plus frugal, qu\u2019il faudra conforter pour le rendre accessible \u00e0 toutes et tous. Mais cette ligne de d\u00e9sir est surtout un indicateur de nouvelles m\u00e9thodes d\u2019am\u00e9nagement qui empruntent \u00e0 ce qui est appel\u00e9 l\u2019urbanisme transitoire et qui souvent influence peu, voire pas du tout, l\u2019am\u00e9nagement durable qui le suit. Consid\u00e9rons cette ligne de d\u00e9sir comme une piste \u00e0 poursuivre afin de rendre la ville plus accueillante et attentive aux pratiques de ses habitants.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-2.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-214\" width=\"579\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-2.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-2-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Square Auguste Baligny, Paris 17\u00e8. \u00a9ADF<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le square Auguste Baligny, porte de Champerret est situ\u00e9 entre la rue Jean Oestreicher et le boulevard de la Somme, au c\u0153ur de la circulation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019install\u00e9 sur la dalle qui recouvre en cet endroit le p\u00e9riph\u00e9rique, le square constitue un \u00eelot de fra\u00eecheur. L\u2019agave et les g\u00e9raniums \u00e0 l\u2019ombre du fr\u00eane t\u00e9moignent de tentatives de jardiner cet espace qui r\u00e9sistent encore \u00e0 l\u2019envahissement prairial. Mais pour combien de temps\u2009?\u2028Sans entretien ces plantations disparaitront-elles comme probablement les \u0153uvres en terre cuite de Denis Mondineu, 1er grand prix de Rome en 1966\u2009? Le square t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9tat du difficile dialogue entre Paris et sa proche banlieue que la construction du p\u00e9riph\u00e9rique en 1973 n\u2019a pas am\u00e9lior\u00e9&nbsp;: un espace difficilement accessible, perdu dans un no man\u2019s land routier, des \u00e9quipements obsol\u00e8tes que les consultations en vogue tentent de r\u00e9animer. L\u2019ancienne discoth\u00e8que la Main jaune devrait \u00eatre transform\u00e9e prochainement en un lieu d\u2019enseignement de la musique\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Ne faudrait-il pas consid\u00e9rer le square, d\u00e9barrass\u00e9 de ses ornements, comme une contribution \u00e0 la refondation de la ceinture verte qui avait \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9e d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle autour de Paris\u2009?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-7.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-220\" width=\"580\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-7.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-7-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption>Porte de la Villette, Paris 19\u00e8. \u00a9ADF<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En rejoignant le nord de la porte de la Villette, \u00e0 la lis\u00e8re entre Paris et Aubervilliers, on d\u00e9couvre un de ces nombreux fonciers invisibles que les infrastructures routi\u00e8res ont cr\u00e9\u00e9s.<br>Quelques platanes, une pelouse rase. Quel est le devenir de cet \u00eelot\u2009? Sera-t-il promis \u00e0 une future construction venant chercher encore une fois \u00e0 \u00ab\u2009relier\u2009\u00bb Paris et sa banlieue\u2009? Ou ne faudrait-il pas le consid\u00e9rer comme un terrain en pleine terre \u00e0 pr\u00e9server\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Peu fr\u00e9quent\u00e9, cette parcelle ne pourrait-il pas accueillir une for\u00eat urbaine ont la municipalit\u00e9 parisienne a fait la promesse\u2009? L\u2019introduction de strates basses et interm\u00e9diaires viendrait compl\u00e9ter la strate haute compos\u00e9e de platanes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terrain d\u2019un peu moins de 5000&nbsp;m2 est un espace public au sens de son appartenance \u00e0 la collectivit\u00e9, mais il n\u2019est pas n\u00e9cessairement affectable \u00e0 des usages comme peuvent l\u2019\u00eatre les parcs et jardins. Il peut devenir un lieu inaccessible en son c\u0153ur, consacr\u00e9 comme une r\u00e9serve de biodiversit\u00e9. Un lieu pr\u00e9serv\u00e9 qui \u00e9chapperait \u00e0 la densification programm\u00e9e, devenant un bien commun, poss\u00e9dant une valeur environnementale non marchande.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-4.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-216\" width=\"579\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-4.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-4-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Rue de Rivoli, Paris 1er. \u00a9<em>ADF<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Rue de Rivoli d\u00e9serte. Plus de touristes, boutiques et jardins des Tuileries ferm\u00e9s. Les invisibles de la ville ressortent. Ceux qui se cachent sortent au grand jour malgr\u00e9 l\u2019interdiction. La n\u00e9cessit\u00e9 est plus forte que la raison.&nbsp;<br>Comment accueillir les populations fragiles et expos\u00e9es \u00e0 tous les risques\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Ironie du choix d\u2019un lieu vitrine la ville marchande pour venir y installer sa tente alors que de nombreux endroits moins expos\u00e9s et plus agr\u00e9ables existe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation est intol\u00e9rable, mais elle montre que ville abandonn\u00e9e devient un possible, qu\u2019elle rec\u00e8le d\u2019espaces qui pourraient \u00eatre consacr\u00e9s dignement aux plus pauvres. L\u2019espace public est l\u2019espace de tous, il permet d\u2019accueillir plut\u00f4t que de rejeter, d\u2019accompagner plut\u00f4t que de cacher.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-5.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-217\" width=\"580\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-5.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-5-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption>Rue Sadi Carnot, Aubervilliers. \u00a9ADF<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Rue Sadi Carnot \u00e0 Aubervilliers, un chantier arr\u00eat\u00e9 net. Il va reprendre dans quelques jours, puisque le confinement vient d\u2019\u00eatre lev\u00e9. Au fond, une barre de logement b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un d\u00e9gagement qui sera combl\u00e9 apr\u00e8s le confinement. L\u2019urbanisation continue&nbsp;: densifier, remplacer, combler les vides.<\/p>\n\n\n\n<p>Indiff\u00e9rent, un troupeau de mouton conduit par son berger poursuit son p\u00e2turage itin\u00e9rant dans les rues \u00e9cras\u00e9es de soleil. Chaque soir, Guillaume Leterrier m\u00e8ne son troupeau au parc Georges Valbon de La Courneuve. L\u2019initiative a \u00e9t\u00e9 prise par le d\u00e9partement de Seine\u2013Saint-Denis afin d\u2019investir le territoire et d\u00e9velopper \u00ab\u2009un troupeau pour l\u2019\u00e9levage\u2009\u00bb.<br>La rencontre inopin\u00e9e entre les mondes ruraux et urbains produit une image forte invitant \u00e0 repenser le rapport entre l\u2019un et l\u2019autre, sans les opposer, dans une recherche d\u2019alliance et de compl\u00e9mentarit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce p\u00e2turage urbain se joue un changement d\u2019\u00e9chelle qui nous fait passer de celle de la ville \u00e0 celle de la m\u00e9tropole qui ne serait pas consid\u00e9r\u00e9e comme une grande ville, mais comme un territoire d\u2019interaction et de solidarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-6.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-218\" width=\"582\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-6.jpeg 470w, https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/image-6-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/><figcaption>Petite ceinture, Paris 16\u00e8. \u00a9ADF<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le 16e arrondissement de Paris n\u2019est pas connu pour son \u00ab ensauvagement\u2009\u00bb.<br>Pourtant, comme tous les arrondissements de la couronne parisienne, il est parcouru par la petite ceinture. Cette ligne de chemin de fer ouverte entre 1852 et 1869, a conduit son heure de gloire lors de la l\u2019exposition universelle de 1900. Transportant marchandises et voyageurs autour de Paris, elle connut un lent d\u00e9clin qui entra\u00eena sa fermeture en 1934. Quelques tron\u00e7ons restent ouverts, le trafic de marchandises dispara\u00eet d\u00e9finitivement au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a090. De nombreuses hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises quant \u00e0 son avenir, sans qu\u2019aucune n\u2019aboutisse r\u00e9ellement. <\/p>\n\n\n\n<p>Longtemps laiss\u00e9e en friche, certains tron\u00e7ons de la petite ceinture sont ouverts au public. Ici, le long du boulevard de Montmorency, l\u2019am\u00e9nagement est discret, les \u00e9rables planes ploient sous leur poids et forment une vo\u00fbte ombrag\u00e9e. Un tapis v\u00e9g\u00e9tal envahit l\u2019emprise nagu\u00e8re occup\u00e9e par les rails. C\u2019est un espace neutre de la ville, o\u00f9 les bruits sont \u00e9touff\u00e9s gr\u00e2ce au couvert v\u00e9g\u00e9tal. C\u2019est un ailleurs int\u00e9rieur, sans am\u00e9nagement, un bloc de pierre suffit \u00e0 servir d\u2019assise et \u00e0 la transformer en open space de plein air.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ce que nous montre cette s\u00e9rie de photographies d\u2019Arnauld Duboys Fresney est l\u2019expression de diff\u00e9rentes formes de nature dans une ville, Paris et la premi\u00e8re couronne, saisie par la pand\u00e9mie.<br>Durant ces 55 jours, l\u2019humain n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 le centre. Il est devenu un occupant qui se serait momentan\u00e9ment absent\u00e9, laissant place \u00e0 d\u2019autres formes de vie, visibles ou sugg\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de ces signaux que la \u00ab\u2009nature\u2009\u00bb (adoptons ce terme par commodit\u00e9) peut reprendre une place essentielle, \u00e0 partir de laquelle peuvent se transformer les m\u00e9tropoles.<br>La ville dense est un ensemble dont la fermeture m\u00eame temporaire de ses parcs et jardins montre la fragilit\u00e9 et la rend d\u00e9testable. La ville se pense comme un ensemble du plus priv\u00e9 au plus public. Il faut accepter, et surtout s\u2019inspirer de ces nombreuses natures de ville pour imaginer notre avenir.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Arnauld Duboys Fresney est photographe et graphiste. Il collabore avec des architectes, des urbanistes et des paysagistes. Il a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs expositions dont la premi\u00e8re biennale du paysage : \u00ab Le go\u00fbt du paysage \u00bb au Potager du Roi \u00e0 Versailles en 2019. Toujours \u00e0 la recherche de sujets qui ont du sens et proche de la nature, la photographie est pour lui un r\u00e9v\u00e9lateur, observer pour mieux comprendre et accompagner ceux qui ouvrent des pistes vers un changement durable.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><br>Patrick Henry est architecte et urbaniste. Il est professeur de th\u00e9orie et pratiques de la conception architecturale et urbaine \u00e0 l\u2019\u00e9cole nationale sup\u00e9rieure d\u2019architecture de Paris-Belleville. Il y dirige le dipl\u00f4me de sp\u00e9cialisation en urbanisme (<\/em><a href=\"https:\/\/www.paris-belleville.archi.fr\/formations\/specialisations\/dsa-architecture-et-projet-urbain\/\"><em>DSA architecture des territoires<\/em><\/a><em>).<\/em> <em>En 2016, il cr\u00e9e sa structure,&nbsp;<\/em><a href=\"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/\"><em>pratiques urbaines<\/em><\/a><em>. Il travaille pour des ma\u00eetrises d\u2019ouvrages publiques ou priv\u00e9es et des \u00e9quipes de ma\u00eetrises d\u2019\u0153uvre avec lesquelles il \u00e9labore des strat\u00e9gies et des montages op\u00e9rationnels de l\u2019\u00e9chelle du territoire \u00e0 celle de la parcelle. Il publie r\u00e9guli\u00e8rement ouvrages et articles dont&nbsp;<\/em><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/polau-and-co\/blog\/120520\/gir-pour-et-avec-les-sols-urbains\"><em>Agir pour et avec les sols urbains<\/em><\/a><em>&nbsp;(M\u00e9diapart, 22 mai 2020).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le retour de la nature en ville est attendu, souhait\u00e9.Il se d\u00e9cline sous de multiples formes, plus ou moins cosm\u00e9tiques.Mais le retour de la nature signifie qu\u2019elle serait partie\u2009? On se plait \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter la citation de Jean-Louis-Auguste Commerson (que l\u2019on attribue \u00e0 tort \u00e0 Alphonse Allais)&nbsp;: \u00ab\u2009Il faudrait construire les villes \u00e0 la campagne, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-211","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=211"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":228,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/211\/revisions\/228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pratiquesurbaines.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}